Lettre
aux Amis
Sommes-nous trop gentils?
(ÒQue/qui cherchez vous ?Ó[1])
ÒOld
fashioned people...did not realize
that we live in an age
when
unnecessary things are our only necessitiesÓ[2]
ÒPour ne
pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses.
En donnant
au pauvre, donne toi-mme;
car ce que tu nĠabandonnes
pas autrui, tu ne lĠauras pas.Ó[3]
Un article dans la revue Ç Missions
Etrangres de Paris È sur la querelle des rites chinois mĠinterpelle. Il y
a un tableau de la progression des protestants par rapport celle des
catholiques dans la Chine continentale[4] o il
apparat quĠaujourdĠhui il y aurait
3 protestants pour 1 catholique, en dpit de la position anti-rites chinois des
protestants. Un constat semblable (croissance en nombre des protestants des
ÒpetitesÓ dnominations, trop rapidement taxes dĠtre des ÒsectesÓ) avait t
fait par le pre Zocca pour la Papouasie Nouvelle
Guine. Je pense quĠen Indonsie
cĠest vrai aussi. CĠest vrai dans la partie de paroisse que je dessers actuellement.
Quand mon suprieur religieux mĠa propos dĠaller
travailler dans la Mission Meratus du diocse de
Banjarmasin, il mĠa expliqu que les Dayaks boudaient les dits protestants, spcialement
les vanglistes, parce que ces derniers exigeaient des nouveaux convertis
quĠils abandonnent leurs rites ancestraux et donc que les catholiques avaient
plus de chance dĠtre accepts, ayant une approche plus tolrante, plus
ÒgentilleÓ. Aprs environ un an sur le terrain, je mĠaperois que ces
communauts protestantes (avec glises et pasteurs ayant femme et enfants rsidant
ct des dites glises) pullulent
dans la partie de paroisse qui mĠest assigneÉalors que je suis le seul prtre ÒrsidentÓ
(clibataire au demeurant, ce qui est dj une atteinte aux valeurs des Dayaks[5]) et
nĠai que deux chapelles sur mon territoire. Ces communauts protestantes sont composes
en majorit de Dayaks (convertis de rcentes dates), alors que la plus grande
partie de mes paroissiens est compose de migrants venus des autres les de
lĠarchipel, donc venant de communauts traditionnellement catholiques (les les
orientales de lĠIndonsie). En un mot je fais du Ç service aprs venteÓ et
non une Ïuvre Ç missionnaire È. (les
Ç grandes È Eglises protestantes, en Chine, en Papouasie Nouvelle
Guine et en Indonsie sont la mme enseigne que nous autres, catholiques).
Cela mrite rflexion.
Je pense quĠune des cls du problme est
lĠattitude Ç identitaire È, ÒcommunautaristeÓ qui prvaut dans notre
monde en raction la globalisation: une personne, un groupe seront plus tents
de Ç se convertir È si ce quĠon leur propose est une
Ç identit È nettement nouvelle, un peu ÒghettoÓ, avec exclusion des
autres, ceux quĠils appellent (avec mpris ou condescendance) les
Ç gentils È au sens de Ç paens È mais aussi au sens de
gens conciliants qui ne veulent pas
heurter les sensibilits de lĠautre, et donc essaient de respecter leurs
ÒritesÓÉ en les rduisant dĠailleurs de simples formalits ou coutumes
folkloriques, donc en les dsacralisant, en les arrachant de leurs vraies
significations – comme le citadin qui transforme une roue de charrette en
table...pour faire rustique: lire ce sujet les analyses de Aloysius Pieres, thologien
catholique sri-lankais. Le ÒgentilÓ
partisan de ce genre dĠÓinculturation pour faire couleur localeÓ heurte encore
plus le ÒgentilÓ quĠil veut amadouer en Òrespectant ses ritesÓ que le ÓcroisÓ
vangliste qui veut les lui faire abandonner car rputs idoltriques et sataniques[6]
Pour en revenir Ricci (en Chine) ou de Nobili (aux Indes), ces
missionnaires pratiqurent lĠ Òvanglisation par en hautÓ (pratique aussi en
Europe cette poque): la religion du prince tant cense tre adopte
automatiquement (voire par dcrets ou de force) par Òla pitailleĠ (Ces petits
si aims par Pguy). Cela a commenc pour lĠEglise avec Constantin...et semble
redevenir la mode avec notre actuel chanoine du Latran et sa conception
biscornue de la lacit...Donc sĠadresser lĠlite (les brahmanes ou les
lettrs: une religion pour les Ògardiens du TempleÓ, les Sadducens, les clercs).
Sans se soucier que le prince (le tyran) et ses courtisans ou mandarins sont
honnis par le petit peuple quĠils oppriment. Sans se soucier quĠun changement
de prince amnera automatiquement la perscution...[7]
La dmarche dĠAlexandre de Rhodes, au Vit-Nam
(quasi la mme poque) me parait plus vanglique: loin de faire chorus avec
les lettrs, il a dmocratis la culture en crivant le vietnamien avec
lĠalphabet latin, donc en donnant accs tous la lecture et lĠcriture qui
ne furent plus le privilge (et la source de pouvoir) dĠune lite de clercs
(dmarche semblable celle de Vatican II qui prna la langue ÒvernaculaireÓ
– celle du profane – en remplacement du latin -langue du clerc – dans la
liturgie: perte de ÒpouvoirÓ pour le clerc). Renversement des statuts,
rvolution vanglique, dcrite par lĠexgte allemand, Thiessen.
Est-ce un hasard si le Vit-Nam
compte encore aujourdĠhui plus de 10% de chrtiens alors que les pays o les pionniers
allrent stratgiquement vers les lettrs ne comptent que 2% de chrtiens? Il ne sĠagit pas de ÒpauprismeÓ, ni de
se limiter aux ÒmarginauxÓ mais de librer la culture, les valeurs, les vertus
dĠune domination par la classe au pouvoir: permettre tous dĠtre clments,
vertu rserve, dans le monde grco-romain, Auguste et ses semblables
(Aristote tait viscralement aristocrate et anti-dmocratique). Librer aussi
du ÒsexismeÓ [8]
En dpit du constat de lĠchec de cette
Òvanglisation par en hautÓ, nous continuons ouvrir des coles pour lĠlite,
dans lĠespoir que nos anciens-lves, devenus des gens haut-placs dans la
socit, nous pauleront (permissions pour construire hpitaux haut de gamme,
coles et universits toujours plus performantes...) et bien sr seront de
gnreux donateurs pour la ralisation de ces onreuses structures. Sans nous
apercevoir que les ÒvanglistesÓ (et aussi les musulmans, les hindous, avec
leurs coles, hpitaux ou leurs
ashrams) recueillent ceux qui nĠont pas les moyens dĠentrer dans nos structures
litistes, et sont donc perus comme des librateurs par les gens ordinaires, donc par la majorit. DĠo aussi la
poursuite par nos clercs catholiques de diplmes toujours plus brillants pour
pouvoir tre des Òinterlocuteurs valablesÓ des mandarins, des gens aux postes
de commande. Ils ont trop peur dĠtre classs parmi les Òold
fashioned peopleÓ qui poursuivent lĠunique
ncessaire: le Royaume de Dieu.
Nous sommes trop ÒgentilsÓ (aux deux sens du mot):
nous voulons tre Òpolitiquement correctsÓ, nous recherchons Óthe unnecessary thingsÓ parce que
cĠest lĠunique ambition des Ònouveaux richesÓ (et je peux vous assurer que les
Dayaks Meratus chercheurs dĠor ont cette mentalit ÒconsummristeÓ, autant que les gogos dĠEurope). Nous
voulons tre traits ÒgentimentÓ par tous les privilgis du monde moderne.
Juan Luis Segundo S.J. reprend la lgende du Grand
Inquisiteur des Frres Karamazov de Dostoievski [9] et
pose la question de savoir si suivre le Christ fait de nous des aristocrates[10]. Il
distingue entre une connotation pjorative du mot (personne qui se coupe de la
ÒmasseÓ par mpris, par esprit de caste, pour maintenir ses privilges) et la
conception positive : rpondre aux exigences du Christ (Luc 9 :23 ;
Jean 15 :13) qui comporte invitablement solidarit avec les victimes, les
marginaliss, service sans espoir de retour, et donc risque total. Cette
attitude positivement ÒaristocratiqueÓ nĠest dĠailleurs pas le privilge dĠune
ÒliteÓ (religieux, clercs) mais, comme le rappelle Vatican II (LG 39-40)
lĠappel commun des baptiss. Ce service risqu des pauvres (pour les librer et
en faire des gens debout) est lĠexigence premire. Malheureusement, elle est
trop souvent prsente comme une consquence secondaire, aprs une
christianisation complte (initiations sacramentelles, groupes de prires,
etc.). Dans une de ses confrences, St. Vincent de Paul demandait au Christ :
ÒQuĠtes-vous venu faire sur la terreÓ. Rponse du Christ : ÒEvangliser
les pauvres !Ó. ÒMais encore ?Ó insiste St. Vincent. ÒEvangliser les
pauvres !Ó rplique Jsus.
Donc permettez-moi de relire les Òvertus vincentiennesÓ: la premire nous invite prcisment
Òchercher dĠabord (et exclusivement) le Royaume et sa justiceÓ: cĠest la simplicit. Pas de stratgie
alambique. LĠvanglisation par en haut est un
exemple flagrant de manque de simplicit. Le missionnaire ÒruseÓ; il se fait
astronome, gomtre, la cour de lĠEmpereur. St. Vincent tait la cour mais
cĠtait pour veiller ce que le prince nommt de bons prlats soucieux du
peuple chrtien et non des courtisans...et il nĠy allait pas par quatre chemins
(ce qui lui valut bien des dboires avec Mazarin). Que St. Vincent ait fait
(lors de la Fronde ou en dĠautres circonstances) des choix politiques qui
nĠtaient pas les meilleurs, je ne le conteste pas (il y a longtemps que les
historiens lĠont dit, avec pertinence). Mais ce ne fut jamais par manque de
ÒsimplicitÓ: il visait le service des pauvres, lors mme que, peut-tre, il se
trompait sur les moyens. Il ne visait pas tre Òpolitiquement correctÓ ni
tre systmatiquement dans lĠopposition.
La vertu suivante est la douceur,
vertu bien diffrente de la gentillesse.
La douceur est la vertu des partisans de la lutte non-violente. Elle entend instaurer
le Royaume et sa justice en payant de sa personne et non en se montrant
ÒgentilÓ. Elle sait dsobir (et en porter les consquences). Elle donne la
simplicit lĠunique arme digne dĠelle: un doux enttement, vcu avec les
victimes des injustices, pour que lĠordre injuste cde, sans violence
(renonant mme la violence verbale: les anathmes, etc.), mais aussi sans
compromission.
La mortification
nĠest autre que lĠacceptation du risque que fait encourir une action
non-violente: refuser de faire payer aux autres le prix de cette douceur. Cette
mortification nĠest pas choisie (St. Vincent tait peu enclin aux exercices de
mortification qui avaient cours de son temps). Elle est accepte comme venant
des mains du Pre, en lien avec lĠvanglisation des pauvres, la solidarit
avec eux dans leurs souffrances. Mortification qui vise une libration de
soi-mme pour tre disponible (une fois de plus, la pauvret consentie est la
principale mortification). Rien de masochiste. Quand St. Paul prtend complter
en son corps ce qui manque aux souffrances du Christ, il voque ses travaux
apostoliques, son souci de toutes les communauts et lĠopposition quĠil
rencontre de la part de ses frres comme de la part des payens.
JĠimagine mal St. Paul portant un silice...
DĠo humilit:
ne pas jouer le ÒsupermanÓ, le karateka ou le monstre dot de pouvoirs
magiques. Le petit cran, en Indonsie, est peupl de ces violents –
humains ou robots, tres mythiques ou personnes qui, lĠcole de quelques
ÒgourousÓ, ont emmagasin une quantit de passes de judo...rendues possibles
par les Òeffets spciauxÓ et les images virtuelles en tout genre; monde
rellement trop ÒgentilÓ au sens de monde payen,
oppos lĠesprit du Christ[11].
Cette humilit rejoint la knose du Christ, ses rponses Satan
lors des tentations: Il est bien le Fils de Dieu, le Messie, le Maitre et le
Seigneur, mais il refuse de sĠen prvaloir pour quelque privilge ou pouvoir
qui lui profiterait.
Et nous arrivons la
vertu cl, la raison dĠtre des autres vertus: le zle des mes. Langage vieillot? Faut-il pour cela
rejeter ce quĠil signifie? CĠest le plan de Dieu, lĠunique motif de
lĠIncarnation/Rdemption, le ÒpourquoiÓ de notre ÒlectionÓ comme peuple de
DieuÉ Encore faut-il comprendre cette vertu la lumire de lĠEvangile. Il ne
sĠagit pas de chiffres, de statistiques, de Òreligion des massesÓ selon
lĠacception du Grand Inquisiteur (pas de grce ÒfacileÓ, de strict minimum pour
la ÒpitailleÓ afin de faire nombre). Evanglisation qui signifie humanisation,
libration et donc risque; non enrlement dans un grand club dĠ ÒlusÓ.
Solidarit avec notre monde concret (Gaudium et Spes) et non avec une image abstraite du monde: ce monde o
les bonzes de Birmanie descendent dans la rue, o le monde arabe aspire la dmocratie[12],
mais aussi un monde o la pauvret crot, o les communications de masse
endorment les ÒmassesÓ (Òdu pain et des jeuxÓ), etc.
LĠerreur primordiale est de juxtaposer lĠEglise et
le monde. LĠEglise est dans le monde et ne peut prtendre tre une entit
extra-mondaine. A fortiori si on
refuse de limiter lĠEglise la seule hirarchie.
Plus fondamentalement, il faut refuser de voir
lĠEglise comme une Òsocit parfaiteÓ[13].
Le choix est entre une ÒEglise des massesÓ et une Eglise signe du Royaume de
Dieu[14].
Il y a incompatibilit entre ces deux visions. LĠEglise des masses nous
demandera dĠtre ÒgentilsÓ pour que les Òbons paroissiensÓ incapables
(pensons-nous, dans notre vision ÒaristocratiqueÓ, hirarchique du troupeau
blant) de prendre le risque dĠtre signes, ne se dcouragent pas. Ce fut le
charisme de St. Vincent de Paul ( lĠcole de St. Franois de Sales) de croire
aux lacs. LĠEglise nĠa pas se centrer sur elle-mme dans un rflexe de
ÒsauvegardeÓ des 99, au dpend de la Òbrebis perdueÓ (les proportions
deviennent dĠailleurs plutt, dans cette perspective ÒprservatriceÓ: 1 brebis
au bercail et 99 de perdues, dĠo lĠaffolement). Comme signe, comme ferment
dans la pte, comme lumire, lĠEglise se veut annonciatrice dĠun ordre nouveau,
dĠune esprance pour lĠhumanit: cĠest ici que sĠinscrit le zle des mes. Non
pas recruter le plus dĠadhrents possibles pour un club ferm (et pour cela
poser des conditions aussi lgres que possible – un strict minimum, en
matire de rites, de morale, etc. – ce jeu-l nos frres vanglistes
qui ne reculent devant aucune compromission auront toujours plus dĠadhrents
que nous) mais de dire, par un oubli total de soi-mme, les exigences de
lĠEvangile: ÒLe Royaume de Dieu et sa justiceÓ. CĠest ce qui est demand au baptme,
en fait, et donc tous ceux qui veulent se mettre la suite de Jsus. Prendre
conscience quĠentrer dans lĠEglise, cĠest accepter quĠil nous soit demander beaucoup plus quĠaux autres.

Jsus lave les pieds de Pierre. Îuvre de
Ford Madox Brown (1860). Elle sert de couverture au
livre de Michael H. Crosby: Do you love Me? Jesus questions the
Church- Orbis Book, Maryknoll,
NY 2000.
Quand Crosby a montr cette peinture, une SÏur lui
a dit: Òle visage renfrogn de Pierre et sa faon de pencher la tte avec
frustration, me rappelle le jour o le pape Jean-Paul II entendit Sr. Theresa Kane lui demander de
dialoguer sur la place des femmes dans lĠEgliseÓ... Bienheureux Jean-Paul II,
priez pour nous.
JĠaime beaucoup lĠexgse que fait Segundo de 1 Cor. 5[15] :
Paul demande que le paroissien qui couche avec sa belle-mre soit excluÉafin
que ce paroissien soit sauv au jour du Jugement. Ce nĠest donc pas pour
lĠenvoyer en enfer. Ce paroissien sĠest rvl incapable de vivre les exigences
attaches une incorporation au peuple de Dieu, donc mieux vaut pour lui dĠtre
Òhors de lĠEgliseÓ (1 Cor. 5:5).
Reste prciser la faon dont nous concevons ce
risque, cette vocation exceptionnelle que tout chrtien reoit: elle est
lĠimage du Christ. Comme le Christ, nous sommes appels tre Òdes sauveurs
blesssÓ[16]
Nous ne sommes pas une brigade de sur-hommes, avec un
super-pouvoir, se penchant sur une humanit faible.
Nous ne sommes pas non plus des ÒvictimesÓ. Ce sentiment de victimisation va croissant
dans notre Eglise contemporaine[17] Sur
ce terrain nous sommes en fait la mme enseigne que toute personne refusant
lĠinjustice et le dni des droits de lĠhomme. Des victimes, nous en avons fait
beaucoup (et en fermant nos frontires, jusquĠ stopper un train venant
dĠItalie, nous continuons en faire). Ce sentiment de victimisation ne peut
que nous refermer sur nous-mmes et donc nous interdire dĠtre une voix
dĠesprance pour toutes les autres victimes. Si nous souffrons, que cela nous
porte nous sentir solidaires des autres victimes. CĠest le sens du sacrifice
du Serviteur Souffrant, du Christ. Ce doit tre celui de nos propres
souffrances...dans la mesure o, cause du Royaume,
nous souffrons.
Reste donc vous
souhaiter de bonnes ftes pascales, vous remercier pour toutes vos
gnrosits: vous tes trop gentils!
Batulicin, 18 avril 2011
Jacques Gros cm
[1] La premire parole de Jsus dans lĠvangile selon St. Jean (Jn. 1:38); et sa question Marie Madeleine dans le jardin (Jn 20: 15).
[2] Oscar Wilde: The Picture of Dorian Gay, un roman publi en 1891 –Citation p.91 dans lĠdition Penguin Books, Penguin Group (Australia) 2008. Je me classe (peut-tre un peu vite) parmis ces ÒdemeursÓ, gens dĠun autre ge...mais remarquons que le problme ne date pas dĠhier.
[3] Homlie de St. Pierre Chrysologue sur la prire, le june et lĠaumne. Patrologie Latine 52 – 320-322. Au brviaire, le 3ime mardi de Carme.
[4] Missions Etrangres de Paris no. 452 juillet-aot 2010 p.40
|
Anne |
1815 |
1900 |
1920 |
1949 |
1980 |
1988 |
2006 |
|
protestants |
Environ 20 |
85.000 |
366.000 |
700.000 |
3.000.000 |
8.000.000 |
36.000.000 |
|
catholiques |
215.000 |
742.000 |
2.000.000 |
3.000.000 |
6.000.000 |
8.000.000 |
12.000.000 |
|
ratio |
1 pour 10.000 |
1 pour 8,5 |
1 pour 5,5 |
1 pour 4,3 |
1 pour 2 |
1 pour 1 |
3 pour 1 |
[5] Les jeunes prtres diocsains en Papouasie Nouvelle Guine nous disaient: un Papou nĠest considr adulte et donc crdible quĠaprs son mariage.
[6] Lire lĠarticle de Raymundus Sudhiarsa: Theology of the Margins: Christian Experiences in a Multicultural Context, dans Studia Philosophica et Theologia – revue de la Facult de Philosophie et de Thologie Widya Sasana, Malang – Indonsie, vol. 4 no.2, octobre 2004, p. 118-128. CĠest une dition rvise et adapte dĠune communication prsente au ASPAMIR international symposium Mumbay, Inde, 15-19 0ctobre 2001. Lire spcialement les pages sur la rsistance des Hindous de Bali tout essai dĠemprunt de mots ou architectures balinaises traditionnelles – en particulier les termes sanskrits - par les catholiques balinais: p. 123-124 du texte cit...et la rponse chrtienne – p. 124-126.
[7] A la question ÒJsus a-t-il une place aux IndesÓ, Pieres rpondait ÒNonÓ car Jsus est toujours le crucifi, le hors-caste.
[8] Thologie fministe de la libration: Ivone Gebara (voir Golias Hebdo no.175, 176, 177)
[9] Relire le chapitre o Juan Luis Segundo parle de la relevance du Grand Inquisiteur pour aujourdĠhui (The Community Called Church – tome 1 de sa :Theology for a New HumanityÓ – ed. Gill and Macmillan 1980 p. 87-97). Le Christ projette dĠentrer dans le monde les mains vides, offrant au peuple la libert. Le Grand Inquisiteur trouve cela parfaitement naf et mme dangereux. Pour le Grand Inquisiteur, le Christ, en refusant les propositions de satan, opte pour une lite et refuse de voir les millions de pauvres bougres qui aspirent un Messie qui satisferait leurs besoins les plus lmentaires (y compris le besoin de ÒmagieÓ, de ÒsacrÓ). Lui, le Grand Inquisiteur, aime ces pauvres bougres...et prend les moyens pour satisfaire leurs envies.
[10] op. Cit. P. 89-91
[11] CĠest ce monde ÒvirtuelÓ quĠexploitent sans scrupule certains prdicateurs vanglistes, avec leurs miracles, gurisons, etc. Tout un cinma qui va dans le sens du Grand Inquisiteur.
[12]
Dernirement les Eglises protestantes en
Papouasie occidentale ont fait appel pour un plus grand dialogue avec les Papous de la part du gouvernement indonsien (avec
manifestations la cl). LĠEglise catholique sĠest dclare ÒsolidaireÓ: elle
suit, laissant aux autres le soin de prendre les risques. Cf. Eglises dĠAsie
no. 546, 1er mars 2011. Voir aussi les consignes du Cardinal Andr Vingt-Trois
donnes ses frres vques de sĠabstenir de parler des Roms (voir Golias
Hebdo no. 156, 28 oct-4 nov, p.9). Autrefois majoritrement ÒcatholiquesÓ, les
Roms et autres Ògens du voyagesÓ, adhrent de plus en plus aux Eglises
pentcostistes. Cette attitude Òpolitiquement correcteÓ de lĠEglise catholique,
pour ne pas choquer le ÒprinceÓ, ne va certainement pas redorer le blason de
notre Eglise. Mme le pape a dplor quĠon avait exagr la porte de ses
propos sur ce sujet. Etre
Òpolitiquement correcteÓ signifie toujours refuser le risque dĠtre une voix qui libre.
Il est vident que si lĠambition de lĠEglise est dĠattirer
le plus de monde possible en son sein, elle doit se prter toutes
les compromissions avec le pouvoir...et avec ce quĠil a de plus bas dans les
ÒaspirationsÓ des Òbraves gensÓ (xnophobie,
identitarisme...Voir le succs des
partis et mouvements ÒnationalistesÓ en Europe et ailleurs).
[13] encyclique de Leon XIII Immortale Dei, 1885. Voir Juan Luis Segundo, op.cit. p. 92-93: a church Òincapable of further enrichment, so too is its power above and beyond any other power; it cannot in any way be subordinate or subject to the civil powerÓ. Ce que la morale de Gonzalez (Philosophia Moralis – Santander: Sal Terrae, 1948) traduit: ÒLĠEglise est une socit supernaturelle, visible, parfaite, et indpendante, fonde par le Christ et gouverne par son vicaire, le pape, pour le soin directe de la religion et du salut ternel des hommesÓ et donc pas de sparation totale entre lĠEglise et lĠtat car Òla socit civile est tenue de rendre un culte catholique DieuÉLes autorits publiques se devant dĠassister aux crmonies religieusesÓ – notre chanoine du Latran est un bon lve de Gonzalez.
[14] op. cit. p. 78 et suivantes: ÒChurch of the Masses or
Sign-Community?Ó
[15] op. cit.
p.79-80
[16] ÓThe Wounded HealerÓ, oeuvre de Nouwen (qui eut come Paul, sa vie durant une pine dans
sa chair)
[17] voir Ren Guitton: ÒSi nous nous taisonsÓ; ÒCes Chrtiens quĠon assassineÓ